Voir (ou revoir) le film racontant une partie de l’expérience malgache de la famille Saigot, (projeté gratuitement à Port-Lay par l’UPIG), est un des plaisirs qu’on aime savourer à Groix.

Le public nombreux hier ne me contredira pas.
Ayant pu, lors d’une réunion amicale improvisée, remercier Patrick pour nous avoir fait partager ses souvenirs, je lui ai confié que j’avais la larme à l’oeil à la fin du film et l’ami assis près de moi a confirmé qu’il en était de même pour lui.
Nous avons alors digressé sur la notion d’immigrés (ce que nous étions en Côte d’Ivoire et les Saigot à Mada) qui implique un salaire ou des revenus à hauteur "locale" et celle d’expatriés avec salaires et protections "métro".
Le fait commun pour les deux catégories est la nostalgie devant les images d’une séparation qui laisse des traces. Etre soignant à Lambaréné, instit en brousse ivoirienne ou développeur de projet pour des villageois malgaches implique de nouer des liens forts avec des personnes qui partagent un temps notre environnement et les quitter définitivement est un deuil.
Tout ce qui rappelle ces souvenirs ravive une forme de regret quand on compare le grand espoir que l’on portait lors de ces expériences et la situation presque désespérée où se trouvent toujours les populations concernées du fait d’évolutions politiques catastrophiques.
Ainsi le grand projet ostréicole, impulsé jadis par la région Bretagne et sur lequel Patrick a travaillé seul épisodiquement (et bénévolement), méritait, après l’abandon de la région qui changeait vraisemblablement de "danseuse", de tenter l’implantation d’une entreprise locale soutenue techniquement et financièrement par 3 copains bretons.
Le film démontre fort bien l’évolution du village et les progrès que devaient lui apporter travail, salaires puis responsabilités. On y voit aussi les complicités se nouer entre la famille et les habitants.
Patrick a fort bien détaillé les écueils, dus notamment à la situation de champ de bataille économique de Madagascar (et à la corruption galopante).
Nous espérons que tout cela ne reste pas une aventure sans lendemain.