Le maire de Groix parle (bien) des îles et de leur Festival du Film... quand il y pense ...

Moteur

Quand notre planète était encore jeune, son écorce encore brûlante a dessiné des continents, puis d’étranges plis, failles et volcans ont parsemé les océans comme autant de rappels à la complexité du monde. Ainsi sont nées les îles qui frémissent encore et parfois souffrent de ces origines plus ou moins lointaines. Les îliens aussi vibrent à l’unisson de leur caillou posé là par la griffe d’un vieux dragon souvent loin d’être endormi.
L’homme continental, faussement rassuré par l’étendue du sol, a oublié d’être inquiet et respectueux face aux forces naturelles, volcans, tsunamis, ouragans… Il a oublié que la terre est ronde, donc finie, comme la mer qui montre un horizon si proche et une terre si petite.
L’îlien, lui, n’a pas oublié. D’où cette humilité parfois taiseuse que l’on lit dans son regard, que l’on écoute dans ses mots rares et qu’inlassablement le FIFIG nous raconte, film après film, rencontre après rencontre, musique après musique.
Dans le tourbillon contemporain de messages et d’images qui ballotte nos esprits comme des naufragés dans la tempête, je vous incite à une pause insulaire, à venir accoster sur ces terres de repères, à prendre la mesure du temps et de l’espace et surtout celle des hommes.
L’histoire des îliens est presque toujours celle d’un asservissement, d’un combat et rarement d’une libération. Postes avancés d’un océan plein de menaces, il est bien rare que l’on ait demandé leurs avis aux îles. Les choses changent et les esprits s’éveillent. Demain elles redeviendront le champ de tous les possibles.
Le FIFIG y recherche les clés d’un futur que, à défaut d’être meilleur, nous souhaiterions vivable. Merci à tout cet équipage qui s’emploie à nous réveiller chaque année. Avec talent et sensibilité, avec enthousiasme et conviction.

Eric Régénermel