Selon ses statuts, l’université populaire de Groix (UPIP Gx) a pour finalité de "permettre au plus grand nombre l’accès à la connaissance et à l’esprit critique".
Vaste projet. Complexe et protéiforme, dans les moyens engagés, ou les chemins suivis, pour y parvenir.

Au fondement du programme "Kénavo", quelques idées-forces :
- apprendre peut être un loisir, un plaisir, un bonheur
- privilégier un mode actif et créatif d’accès à la culture, à contre-pied d’une consommation passive
- proposer un panel d’activités, afin de rendre compte de la pluralité d’une culture, et de répondre également à la diversité des centres d’intérêt des participants
- rendre proches, par petites touches, d’autres cultures et d’autres horizons
Comme l’écrivait Octavio Paz, écrivain mexicain, Prix Nobel de littérature en 1990 : "Toute culture naît du mélange, de la rencontre, des chocs. A l’inverse, c’est de l’isolement que meurent les civilisations."
- fédérer autour d’un projet commun quelques unes des innombrables ressources que compte l’Ile de Groix (institutionnelles, associatives et artistiques)

Quel bilan peut-on tirer au vu de ces objectifs ?

A l’exception de l’atelier d’écriture, qui aurait sans doute nécessité un décryptage préalable plus poussé, tous les ateliers ont fait salle comble, et nous avons même dû refuser du monde.
Merci à tous ceux qui ont diffusé le programme d’animations et fait circuler l’information.

15 à plus de 20 participants selon les activités. Quelques adultes, une majorité d’enfants et d’ados, - semaine de vacances scolaires oblige.
L’éventail des choix offerts a été pleinement apprécié.
Certains ont participé à plusieurs ateliers, une ado les a tous faits, - haïkus compris, où elle a écrit de petites merveilles.
A titre d’exemple :
Une maison bleue
Exhibe ses volets cassés
Aux passants indifférents

Comment décrire l’ambiance des ateliers ? En dépit de la grande activité qui y régnait, parfois pendant plus de 2 heures, un calme remarquable. Beaucoup de sérieux, d’écoute et d’attention accordés aux explications, puis à la mise en œuvre et à la réalisation. Aucune manifestation d’ennui ou de mauvaise humeur, chacun était "à son affaire", heureux de fabriquer un objet dans les règles de l’art, de trouver dans les multiples images exposées un début d’inspiration, puis de décorer selon son cœur. Heureux aussi de partager ce plaisir avec les autres.

Un formidable bravo et un très grand merci à Anne, Laurent, et Magali, enseignants bénévoles, pour ces moments inoubliables. Les participants n’ont pas seulement emporté un éventail ou un kimono, mais un savoir-faire et, plus important encore, tous les sentiments gratifiants qui accompagnent la réussite d’un apprentissage.

Comme disait Alain Legoin à propos des haïkus, "il n’y en a pas de bons et de mauvais, certains sont aboutis et d’autres impliquent qu’on y revienne pour nous convenir totalement". Certains enfants nous ont dit avoir refait l’après-midi l’activité apprise en matinée.

Un bilan positif sur ces trois premiers points, qui pourrait alimenter le débat actuel sur les activités scolaires complémentaires, parascolaires ou extrascolaires.

Bilan positif également en ce qui concerne la fédération des bonnes volontés autour du projet initial d’une association, devenu très rapidement un projet partagé, beaucoup plus riche du fait de cette mise en commun. Une expérience à renouveler sans modération !

Dernier point : l’action a-t-elle rendu plus proches de nous le Japon et l’Irlande ?
Pour les organisateurs, sans l’ombre d’un doute ! Que de connaissances ont-ils engrangées à l’occasion de cette semaine d’animations !
La question reste ouverte pour les participants …

Fort intéressante et instructive, la conférence sur la littérature contemporaine irlandaise, organisée avec l’association "un livre, une île", avec la participation d’Yvon Boüetté, n’a malheureusement attiré qu’un petit cercle de lecteurs passionnés.
Et bien que le temps se prête aux salles obscures, la projection du film d’Alan Parker "Les cendres d’Angela", qui clôturait la semaine, n’a accueilli qu’une bonne trentaine de personnes.
Nous passons donc le relais au FIFIG pour mieux nous faire découvrir le pays !

Quant au Japon, que la Bretagne fêtait l’an dernier dans ses musées, et fête encore cette année au travers des médiathèques et centre de loisirs, les participants aux ateliers en auront peut-être acquis le désir d’en apprendre davantage.
La projection du film de Kitano, "L’été de Kikujiro" – road movie burlesque et mélancolique au travers du pays, n’a pas réussi à contrer le bel après-midi d’été de mercredi.

Par manque d’information, les expositions thématiques réalisées à la salle des fêtes sur les magnifiques estampes japonaises, ou le voyage au Japon de Mathurin Méheut, seront restées très confidentielles. Elles auront néanmoins permis d’exhumer d’une malle familiale deux très beaux kimonos, une ombrelle, un chapeau de paille et des photos rapportés du Japon par un marin groisillon. Ils seront exposés à la médiathèque jusqu’au 7 mai prochain. Merci pour ce cadeau.